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Samedi 2 mai 2015.
A Genève la foule lectrice envahit le Salon du Livre.
Veux-tu que je te raconte une histoire de SALON DU LIVRE? Une histoire vraie, vraie de vrai? Alors voilà.
Cette année-là, j'y dédicaçais l'un de mes chefs-d'oeuvre que l'humanité entière enviera encore dans 3000 ans à la littérature suisse romande. Si inoubliable que... je n'en sais même plus le titre moi-même.

Or donc, je descends de mon Valais natal à la Genève culturelle. En voiture. Problème immédiat: le parking du Salon du Livre. Tout à mes obligations de ponctualité dues à mon éditeur, j'omets de m'acquitter de mes obligations d'automobiliste vis-à-vis des problèmes financiers du parking. En vérité, en vérité je vous le dis: j'ai tenté ma chance. A la fin de la journée, naturellement, je trouve
une amende sur mon pare-brise. Je fais le mort.

Passent quelques semaines à faire le mort: peut-être vont-ils finir par m'oublier? Que nenni! Voici qu'un beau jour (beau, façon de parler!) je reçois dans un même courrier la lettre recommandée me sommant de m'acquitter de l'amende de Fr. 125.-- et... le faire-part du décès d'une amie de longue date qui vivait en Suisse allemande, du côté de Lucerne: Ursula!
L'amie du temps de mes études linguistiques à Lucerne que je rencontre de temps en temps, tantôt là-vas, tantôt en Valais, est donc décédée? Pas de doute: le faire-part en témoigne. J'aimais bien Ursula, un peu pianiste, un peu poétesse mais surtout complice de nos frasques adolescentes lucernoises. Je suis peiné...Vraiment peiné.

Et puis soudain... Non, La photographie d'Ursula sur le faire-part de son décès m'adresse un clin d'oeil. Un clin d'oeil qui est une incitation et un rappel de nos bonnes farces du temps estudiantin.
- Qu'est-ce que je fais, Ursula? J'ose?
- Ose! m'ordonne le sourire d'Ursula.
Et me voilà tirant une photocopie du faire-part de Madame Veuve Ursula K. décédée à une date postérieure à celle de mon amende. Et j'envoie la dite photocopie avec une lettre navrée au Service de police compétent disant que, ce jour-là, j'avais prêté
ma voiture immatriculée en Valais à feue Madame Ursula K. décédée depuis et que, par conséquent, je demande à être exonéré de l'amende. J'ai tout bien pesé, tout bien calculé: L'idée vicelarde vient de surgir dans mon esprit.
La photo d'Ursula m'adresse un nouveau clin d'oeil accompagné d'un de ces sourires complices dont elle avait le secret:
- Je suis veuve, me dit le visage d'Ursula. Je n'ai pas eu d'enfants. Donc personne n'en pâtira.
- Alors, je l'envoie cette lettre, Ursula? Tu crois que j'ose?
- Ose! me répond, catégorique le visage soudain hilare d'Ursula.
Et j'ai osé. Et je n'ai plus jamais eu de nouvelles de mon amende de Fr. 125.-- du Salon du Livre. Merci, très chère Ursula pour ce service rendu au-delà de la mort.

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