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Plus je connais les hommes et plus aime mes mésanges.

Vu hier au soir, lundi 18 janvier 2016 le film de la RTS Hiver nomade doté de trois étoiles au tableau de notation des films de la soirée. J'en suis sorti choqué. Meurtri. Et une fois de plus lucide sur l'inhumanité de l'humanité telle qu'elle se présente après des dizaines de milliers d'années de l'évolution darwinienne. Une abomination. Sous prétexte de romantisme pastoral, l'on filme une bergère, un berger menant 800 (huit cents!) brebis, pourchassées par 4 chiens terroristes qui, à l'occasion, leur broutent la viande de leurs cuisses, à travers les pâturages hivernaux de Suisse romande. Et cela dans des conditions épouvantables aussi bien pour les deux bergers que pour leurs 800 bêtes, leurs 3 ânes et leurs 4 chiens. Les scènes hivernales sont insoutenables de cruauté: des brebis condamnées à plonger leur museau à travers la neige pour brouter une herbe gelée, parfois écartée par les bottes du berger.

Une herbe qui ne coûte rien aux propriétaires de ces 800 brebis sinon le salaire des deux bergers! Voilà des gens qui ont trouvé le moyen de faire survivre 800 morceaux de viande ambulante sans être obligés d'acheter de foin pour l'hiver. Normalement, ces brebis auraient pu et dû passer leur arrière-automne, leur hiver et le premier printemps bien à l'abri des intempéries quelque part dans leurs villages. Et, comble de cynisme, de temps en temps ces salauds d'exploiteurs de la misère humaine et animale envoient la bétaillère du boucher cueillir ça et là dans le troupeau quelques agneaux qui, après palpation, se révèlent aptes à fournir leurs gigots de Noël et de Pâques!

Cela m'a rappelé mon campement en haute montagne, à 2700 mètres d'altitude, au pied du glacier de Tortin. On était à fin septembre. Un jour, une dizaine de moutons totalement ensauvagés s'approchèrent de nous. Aussitôt que l'on ébauchait un pas dans leur direction, ils prenaient la fuite. Du haut de mon promontoire j'ai pu observer à la jumelle des moutons épars sur tout le fond de la vallée de Nendaz, côté val de Cleuson comme de Tortin, de petits groupes de moutons épars. A l'abandon. La gérante de la cabane nous avait expliqué que leur propriétaire en avait amené 200 au fond de la vallée et largués là en mai. Pas une seule visite pendant toute la saison. En novembre, il viendrait chercher les gigots de ses 200 brebis pour les fêtes de Noêl! Sur les 200 bêtes, une dizaine ou davantage manqueraient à l'appel, dérochées peut-être ou crevées quelque part, n'importe où, peut-être dévorées par des chiens sauvages, le lynx ou le loup. Il s'en foutait, le propriétaire: pendant tout l'été ces bêtes ne lui auraient rien coûté!

C'est ça, l'humanité? MERDE ALORS ! Or, ce sont ces gens-là qui hurlent au loup qui les prive de quelques gigots! Je me souviens, moi, du temps où à l'alpage de Tortin il y avait non pas un mais deux bergers, l'aîné et le gamin, qui surveillaient et protégeaient leurs moutons JOUR ET NUIT! Mais aujourd'hui, ça coûterait deux salaires. Et ça, pour l'homo sapiens actuel abruti par le FRIC, c'est insupportable.

Décidément, plus je connais les hommes de mon temps, plus j'aime mes mésanges. Elles viennent chaque jour me rendre visite autour de mon chalet, parce qu'elles savent qu'elles y trouveront de quoi se régaler. Et si elles s'envolent dès que je m'approche, c'est qu'elles savent que je suis un humain. Et elles ont raison de se méfier des humains, les mésanges. Car, sait-on jamais, je serais peut-être capable de les faire passer à la casserole? Ne suis-je pas, en effet, un représentant de l'espèce des prédateurs les plus dégueulasses de la planète Terre? Bonjour, les mésanges. ET MERDE AUX PREDATEURS HUMAINS !!!

Bref, je fais une mésangite aiguë.

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