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Les aléas du métier d'écrivain

Ce soir, vendredi 22 janvier 2016, la chaîne de télévision Arte diffuse un téléfilm intitulé

"Un si charmant village" . Choc en pleine poire: c'est très exactement le titre de mon roman publié par les Editions..." Mon village" en 2002. Or, le téléfilm annoncé a été tourné en 2015. Mon roman, et donc son titre, est protégé auprès de la Propriété Intellectuelle en 2002. Reste à voir si le contenu du film a une accointance quelconque avec celui de mon roman. C'est très facile, en effet, de transposer l'action et les personnages d'un roman d'un pays à un autre.

C'est la seconde fois que cela m'arrive. En 1996 j'avais écrit un roman intitulé "Les renégats" publié par les Editions Pierre Boillat. Le réalisateur de cinéma et créateur des Cahiers du cinéma Jacques Doniol-Valcroze avait trouvé le roman à son goût pour une adaptation cinématographique et en avait tiré un scénario. Dans la perspective d'une coproduction franco-italienne, il avait envoyé son scénario à un producteur de Rome. Le film n'avait pas été réalisé faute d'entente entre les coproducteurs. Le scénario avait reposé des années durant dans les tiroirs du producteur.

S'écoulent une vingtaine d'années et soudain, que vois-je à la télévision? Mon roman avec ses mêmes personnages: trois étudiants amoureux de la même fille et qui se jurent une amitié à la vie à la mort. La scène du serment est exactement celle de mon roman et du scénario de feu Jacques Doniol-Valcroze décédé entre temps. D'autres scènes sont du même tonneau. C'est du copier-coller à tous points de vue.

L'astuce? L'action de mon roman se situait en Espagne sous Franco. Les petits malins du scénario avaient tout simplement transplanté l'action de chez Franco chez Mussolini! J'avais contacté mon cousin avocat pour voir s'il valait la peine d'en découdre pour ce vol flagrant, avec effraction si j'ose ainsi m'exprimer. Et puis, faute d'argent pour me lancer dans un procès, j'y avais renoncé.

Le monde est ainsi fait, composé de voleurs et de volés. Mais de quoi me plaindrais-je? Tout comptes et mécomptes faits, est-ce que je n'écris pas d'abord pour mon plaisir narcissique intime? Et puis, ne vient-on pas de s'apercevoir que 62 individus de l'espèce humaine sont propriétaires de plus de la moitié des biens de... 50 % de toute la population de la planète Terre? Alors, mon histoire de vol de mon titre "UN SI CHARMANT VILLAGE", ça fait gentiment sourire. N'est-ce pas? Mais ça me fait quand même un drôle d'effet. Un peu comme une intrusion dans mon intimité. Or, je suis sensible de ce côté-là. Pas vous?

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