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Typographe ibertaire dernier imprimeur de mon hebdomadaire satirique "La Pilule - 1970-1975"

L'ami François Baumann fut l'auteur inspiré d'une photographie d'anthologie. Au terme d'une manif genevoise comme il y en eut tant dans les années 70, il réussit à surprendre une douzaine de flics en civil et en uniforme se défoulant à coups de pieds et de poing et de matraques sur un adolescent qu'ils étaient parvenus à isoler pour mieux le massacrer. Je publiai la photo dans "La Pilule" avec mes commentaires de circonstance.

En résulta un procès. Le Corps de police de Genève confia la défense de ses intérêts au fameux Me. Dominique Poncet, aussi avocat de la Loge italienne P2 . Mieux inspiré que le Shah d'Iran qui avait fait un procès pénal à La Pilule pour atteinte à son (dés)honneur, Me.Poncet décida de frapper A LA CAISSE du journal. Banco! Commandement de payer de Fr. 320.000.-- (Trois cent vingt mille francs de dommages réclamés) au nom du Corps de Police de Genève.

La nouvelle fit le tour des médias. Réaction du quotidien zurichois "Blick": publication de ladite photo avec ce commentaire narquois: "Ist dieses Bild Fr. 320.000.-- Wert?". Alias, cette photo vaut-elle vraiment 320.000.-- francs? Hélas, pire que ça, car ce fut le procès de trop, celui qui mit fin à l'aventure de "La Pilule".

Et que devient la liberté de la presse dans tout ça? Un "beau" jour j'ai reçu le jugement du tribunal SANS Y AVOIR JAMAIS ETE CONVOQUé. L'avocat de La Pilule était Me. Christian Grobet, le futur Conseiller d'Etat de Genève, auquel succéda son associé, Me. Ziegler. Autrement dit, ces deux-là n'allaient pas prendre le risque de se mettre à dos tout le corps de Police alors que c'était précisément le Département qu'ils devraient diriger!

Alors, la Liberté de la Presse en Suisse? Liberté de la Presse Mon cul, comme dirait Zazie ! Lorsque je demandai au futur Conseiller d'Etat de recourir contre ce jugement prononcé en mon absence et donc sans avoir été entendu, il me présenta une note d'honoraires futurs tellement énormes que je dus y renoncer. Justice mon cul, comme dirait Zazie!

Alors mon cher ami François Baumann, typographe de son état releva le gant et le défi et parvint à prolonger d'une dizaine de numéros l'agonie de "La Pilule" en l'imprimant lui-même sur une "vieille bécane", comme il l'appelait si joliment. Merci, François l'anar, le libertaire, le libre penseur, l'inoubliable ami! A tout jamais. NI DIEU NI MAÎTRE ! Je te dédie notre péan:

L'ANTINATIONALE LIBERTAIRE

"Plus d'autorité sur la Terre, / De tous les pouvoirs, c'est la fin. /Debout, le monde libertaire! Sans présidents ni mandarins.

Plus de prisons, plus de casernes!/Révolu le temps des matons! Le flic a la matraque en berne,/ Le juge-loup se fait mouton.

C'est la Fête finale,/Dansons main dans la main./L'antinationale sera nos lendemains.

***

Foin de la nouvelle imposture /Des parasites de l'Etat! C'est la nouvelle dictature: /Le technocrate a tous les droits.

De l'Etat faisons table rase /Jamais d'autorité sur nous. /Sans grands discours, sans belles phrases, /Nous n'étions rien, nous serons tout.

C'est la Fête finale, dansons main dans la main. L'Antinationale sera nos lendemains.

***

Plus de frontières pour les hommes./Le Grand Capital, c'est le vol./Etat, barrières, c'est tout comme: /Pour l'homme libre, c'est un viol.

Assez de bientôt, plus de peut-être. /La liberté, c'est aujourd'hui./Libertaires sans Dieu ni maîtres,/Nous bâillonnerons nos baillis.

C'est la Fête finale,/Dansons main dans la main. /L'Antinationale seras nos lendemains.

***

Liberté, premier bien sur Terre, /Sans personne au-dessus de nous./Libertaires, Libère-Terre, /Libérons-nous par le bon bout.

L'heure n'est plus aux marchandages: /Soldats, flics, juges et matons/ Richards, grands prêcheurs d'esclavage, /Tâtez de vos propres prisons!

C'est la Fête finale, /Dansons main dans la main. L'Antinationale /sera nos lendemains.

Il n'est pas encore interdit de rêver...Mais ça viendra!

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