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... les églises se rempliront.

Elle fait fort, comme on dit, la Pravda d'aujourd'hui, lundi 13 avril 2016. D'abord une pleine page pour célébrer la célébration de la messe en patois en la cathédrale de Sion: carton plein! Tout est bon pour la récupération des moutons égarés dans les alpages à la merci du loup mécréant. Après le capucin et la nonne présents au match cantonal des vaches d'Hérens dans leur uniforme de sortie (pas les vaches, le capucin et la nonne) à titre publicitaire, histoire de montrer que l'Eglise est toujours au milieu du village, voilà la messe en patois dans la cathédrale de Sion et.donc à la télévision! Coup de pub réussi. La quête était bonne?

Moi, ça me rappelle le temps où, gamins, on s'amusait à singer à notre façon et dans notre latin iconoclaste les processions incantatoires, en patois de Nendaz où le prêtre en appelle à tous les saintes et des saints du répertoire, les suppliant: ora pro nobis. Mais pour les sales gamins que nous étions cela devenait:

- Sancte Luca, ora pro nobis - :Cën barloucà han verrià derën o bî .

Autrement dit, cinq "Barloucàs" sont tombés dans le bisse. Les "Barloucàs" était le surnom des habitants de Veysonnaz et environs. Et après Luca, Pierre, Jean, Jacques, Martin, tous basculaient dans le bisse..

.Et lorsque la prière s'adressait à plusieurs saints et saintes elle devenait: "Orate pro nobis" aussitôt perverti en "o raté derën o bî!", autrement dit le bas du dos dans le bisse, charmante posture pour des saints et des saintes. .

- Sancta Barbara, te rogamus audi nos devenait: Chinta Barbara a arrobâ o motchioeu di noces, autrement dit: la sainte Barbara avait volé son foulard des noces. Et après elle toutes les saintes des rogations nommément interpellées en faisaient autant dans une joyeuse débandade de rires.

Pire encore, le Kyrie éleison cent fois répété devenait " Terrie via é canissons!" drôle façon de supplier le Seigneur d'enlever son caleçon. Et, pour les filles, d'en imaginer le contenu?

Le patois, mon patois dans lequel je suis né, dans lequel j'ai, moi le mécréant, écrit et fait jouer une quinzaine de pièces de théâtre, a donc été récupéré par l'évêché et les reliquats de feu son Parti Conservateur Catholique ? Si Monseigneur l'évêque avait pu entendre tous les jurons patois et toutes les "orches" (blasphèmes) proférés dans ces pièces, peut-être aurait-il hésité? Mais non, car dans la Réaction comme dans le cochon tout est bon.

La Pravda du même jour offre l'hospitalité à l'un de ses lecteurs sous la plume de qui l'on peut lire des phrases telles que celle-ci: " Notre évêque veut sortir nos jeunes de leur "dormition" pour les ouvrir à ses Merveilles..." Ah! Bon? Il fait aussi des merveilles, lui? Avec ou sans cannelle? Et le même hôte privilégié de la Pravda d'en rajouter: "...Vous pouvez mettre une muselière à notre évêque, les cailloux crieront les louanges du Seigneur."

Il n'y a pas loin d'ici à ce que l'évêque de Sion enverra les journalistes de sa Pravda se balader sur les berges du Rhône, micro au poing, afin d'interviewer les galets et caillasses des alluvions du fleuve clamant et chantant les louanges du Seigneur.en patois! Kyrie eleison ! Terrië via é canisson! Te rogamus audi nos! T'a arrobà o motchioeu di noces!

PS. Quiënta ergogna ! J'avais d'abord intitulé ce laïus malodorant: "Quand les curés pèteront en patois leurs églises vides se rempliront". Quelle honte! Quiënta ergogna!

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