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... à la fin de la liberté d'entreprendre.

Dans le courrier des lecteurs de la Pravda du Valais une nouvelle résidente du village d'Erde se déclarait choquée par l'usage intensif d'hélicoptères répandant leur peste sur les vignes et... leur environnement humain et horticole. Moi aussi. En plus, je supporte de moins en moins leur vacarme assourdissant. La semaine suivante, un vigneron d'Erde rabat le caquet à la dame en question: elle ne comprendrait, dit-il, décidément rien à la viticulture et elle ferait mieux de s'occuper de ses oignons écolos. Fin de l'altercation. A mon tour.

Cause toujours, noble vigneron contheysan. Moi qui suis né à Beuson en 1929, voici ce que j'ai vu, de mes yeux vu:

- J'ai vu dans tous les villages de la vallée de Nendaz et les autres vallées valaisannes de petites caves hospitalières abritant un ou deux tonneaux et tonnelets dont le contenu provenait de centaines de petits parchets de vignes répartis sur les côtaux plus ensoleillés de la vallée du Rhône où les gens étaient plus riches que ceux de la rive gauche. Y a-t-il encore une seule petite cave hospitalière à Beuson? Et dans les autres villages des aurtres vallées du Valais?

- J'ai vu, en une quarantaine d'années, tous ces petits parchets absorbés par les parchets voisins pour cause de rentabilité diminuée, voire anéantie. Les plus gros propriétaires ont bouffé les plus petits. Comme les requins bouffent le menu fretin des océans. Dans cinquante ans, brave vigneron contheysan, en Valais il n'y aura plus que trois propriétaires de tout son vignoble: les héritiers d'un avocat de Martigny, ceux d'un Conseiller d'Etat à Sion et ceux d'un promoteur immobilier de Crans-sur-Sierre. Et à la fion du siècle, il n'y aura plus qu'un seul propriétaire de tout le vignoble du Valais. Alors, bonne agonie à vous tous, vignerons valaisans!

-J'ai vu à Beuson vivoter 5 familles grâce aux 5 épiceries du village. Il n'y a plus d'épicerie à Beuson. Denner est arrivé à Sion. Migros a bouffé Denner et ainsi de suite. Comme dans les océans du monde, les gros poissons bouffent les petits.

J'ai vu à Basse-Nendaz, chef-lieu de la commune, 7 pintes et peut-être 9? Autant de familles qui, sans en vivre vraiment, y trouvaient leur compte de survie. Il n'en reste plus que trois, je crois.

- J'ai vu dans ma vallée des familles de dizaines de petits artisans vivant en autarcie. Leur descendance est devenue ouvrière des ogres du bâtiment.

- J'ai vu dans ma vallée des dizaines de petits paysans de montagne propriétaires d'une, deux ou quatre ou cinq vaches d'Hérens. Dans 50 ans il n'y aura plus que trois étables d'hérens en Valais: une chez les descendants du promoteur immobilier de Veysonnaz, une chez les descendants du promoteur immobilier de Verbier et la troisième chez les descendants du promoteur immobilier de Crans-sur-Sierre.

-. J'ai vu dans le Jura bernois, à Tramelan où j'ai vécu, 45 petites entreprises horlogères de type familial occupant des centaines d'employés et ouvriers. Elles ont toutes été bouffées par l'ogre Hayek et sa Swatch qui a bouffé large jusque du côté des grandes marques internationales. ET TOUS CES PETITS PATRONS ET TOUTES LEURS FAMILLES TRAVAILLENT AUJOURD'^HUI COMME OUVRIERS ET EMPLOYES DE L'OGRE HAYEK.

Alors, braves gens, préparez-vous y: dans cent ans vos descendants seront tous retombés en esclavage chez les ogres de la FINANCE ou, au choix, de la PHYNANCE.

Alors, braves gens, cela vaut-il encore vraiment la peine de faire naître encore et encore de futurs esclaves?

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