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Drôle de drame ? Pas sûr!

La Pravda d'aujourd'hui lundi 12 septembre nous apprend qu'un homme d'Etat, bien connu pour sa défense acharnée du mariage et de la famille version catholique pure et dure, se serait fourvoyé dans une aventure extraconjugale féconde, puisqu'elle viendrait de se solder, à Berne, par la naissance d'un enfant né hors mariage.

Qui lui jetterait la pierre le premier si n'étaient les considérations qu'engendre cet aveu public et assumé par son auteur? On nous dit:

- QUE l'homme d'Etat a déclaré publiquement assumer financièrement les conséquences de son péché au sens catholique de l'affaire;

- QUE ce drame privé pourrait avoir des conséquences sur l'avenir politique de cet homme d'Etat ;

- QUE les membres influents de son parti ne sont pas de cet avis et que ladite personnalité bien connue sera quand même élue, réélue et réélue malgré ce faux-pas de caractère privé.

Voilà donc ce qui préoccupe le monde de la politique et de la Pravda: le fric et la réussite du papa.

MAIS:

PAS UN MOT des conséquences morales pour la mère de cet enfant! Peut-être, au demeurant, a-t-elle souhaité la naissance de cet enfant? C'est son affaire privée.

PAS UN MOT des conséquences que cette naissance hors-normes sociétales aura pour cet enfant et peut-être à longueur de vie.

Faut-il rappeler que dans ce canton catholique avec tout ce que cela implique qu'est ce beau Valais où je suis né, où l'alpe blanche jusqu'aux cieux élève son front couronné, de génération en génération, des populations entières ont braqué de méprisants index contre le bâtard ou la bâtarde du village, de la commune, de la vallée? Au nom de quoi? Du péché d'adultère de sa mère ! La chose m'avait à tel point marqué (non que je me trouvasse personnellement dans ce cas mais en raison de l'injustice que le fait impliquait) , que la vie d'un de ces bâtards fut le thème de mon premier roman justement intitulé "L'intrus" (Ed. Le Progrès)et aussi celui du roman "La Bagnarde" (Ed. Slatkine) dont on parlera bientôt (mais je ne vous en dis pas davantage pour le moment).

Les mentalités ont changé, soit. Mais un fait demeure: ce poupon qui vient de naître à Berne n'a que faire du fric que son père biologique versera à sa mère, ni de l'avenir politique de celui-ci. Certes, il ne subira sans doute pas les cris méprisants de ses camarades le traitant de bâtard: ça ne se fait plus. Mais qui lui a demandé son avis sur son statut social?

Petit poupon né à Berne des suites d'un faux-pas conjugal, sache-le: tu méritais mieux que ce fric donné à ta mère pour la dédommager et qui est censé posséder les vertus d'un détergent universel. Tu méritais mieux que les honneurs politiciens et politicards futurs de ce père-là qui, ayant réglé une addition, s'estime lavé de tout opprobre.

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