Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Exit or not Exit?

Oui, mais pas comme ça!

Je me trouve devant un troisième cas de proche ou d'ami(e) qui ont fait appel à Exit. En attendant mon tour? Peut-être.

Ce que je reproche à Exit? C'est la fixation d'une date précise pour la cérémonie finale. L'un des privilèges de l'espèce animale en général et humaine en particulier n'est-il pas d'ignorer le jour de l'échéance finale? J'ai voulu tenter l'expérience. Un jour, j'ai fixé la date de ma mort au 5 septembre 2019, mon 90ème anniversaire... à supposer que j'y parvienne. Et je me suis mis à écrire mon "Journal d'un auto-condamné à mort" Au bout de deux semaines, j'ai capitulé. Parce que j'étais devenu un mort vivant. "...Car vous ne savez ni le jour ni l'heure", dit un évangéliste quelconque. Les gourous chrétiens se sont emparés de la formule pour terroriser leurs ouailles face à l'inéluctabilité de la Mort et du choix qui lui est lié: destination vers le paradis ou l'enfer. Rien de ça pour moi. Mais pourtant...

En déterminant une date fixe pour la cérémonie de fin de vie, Exit met son client devant un fait accompli: sa mort lui est assignée de la même façon administrative que celle du condamné à mort, à la différence que ce dernier l'ignore. Le client d'Exit a le choix d'informer ou non les siens et ses amis de cette échéance. S'il choisit d'en informer quelques-uns d'entre eux, il infligera à ceux qui l'aiment vraiment le supplice abominable de se mettre à compter les jours, voire les heures qui les séparent du dernier adieu. S'il choisit d'assumer seul cet état de fait purement administratif dans le pire sens du terme d'exécution capitale par soi-même, il peut certes revenir sur sa décision, mais l'attente du jour fatal peut se transformer en supplice permanent jour et nuit. Surtout les nuits...

Le jour où Exit décidera de mettre à ma libre disposition le gobelet contenant le liquide létal, je deviendrai vraiment l'homme déterminé à demeurer maître de sa propre destinée jusqu'à la fin de son vécu et je pourrai choisir le jour, l'heure et la minute de mon grand départ vers le néant. Dans le cas contraire, je me trouverai dans la peau du condamné à mort par voie administrative judiciaire. Or moi, le mot Administration me donne de l'urticaire. Et je ne veux pas mourir d'un trivial urticaire d'origine administrative! Salut.

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :