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Autant pisser dans un violon...

... que d'espérer amener la Direction de l'Hôpital cantonal (et non pas épiscopal) du Valais à revoir sa copie sur le sujet de l'omniprésence ostentatoire de l'Eglise catholique dans son établissement.

Ainsi donc, lors d'un séjour dans cet établissement, en théorie aussi neutre que la Suisse, j'avais décroché le crucifix trônant dans ma chambre et renvoyé à la Direction avec une lettre recommandée de protestation adéquate contre cet abus de pouvoir. En résultèrent des articles de presse écrite et autres échos médiatiques, ainsi qu'une lettre signée par M. le Directeur de l'établissement qui me renvoie à son porte-parole. En découla un très long entretien entre celui-ci et le coupable du sacrilège. avec pour tout résultat que... la croix décrochée et renvoyée à la Direction a retrouvé sa place dans la chambre que j'avais occupée. 

Parmi les réactions journalistiques s'est signalée celle de la Pravda du Valais dont l'enquête professionnelle correcte, fait les constats que voici:

- Primo: La Direction de l'hôpital déclare que l'aspect religieux n'entre pas en ligne de compte dans ses prérogatives. Ah bon? Mais alors qui donc cela concerne-t-il?

- Secundo: La Conseillère d'Etat, dûment consultée, pharmacienne haut-valaisanne de son état, chargée de la Santé publique du canton, déclare que cela concerne la Direction de l'Etablissement et donc s'en lave les mains à son tour.

Tertio: Au tour de l'évêché de se déclarer  exonéré de toute explication à fournir sur le sujet et de toute implication dans le processus menant à l'omniprésence de l'Eglise catholique au sein de l'Hôpital cantonal.  Et il enfourne la patate chaude à l'endroit de son intimité le mieux adapté à la chose.

Quarto. Il résulte de l'enquête de la Pravda que tous les cantons romands, y compris le très catholique Fribourg et le Jura ont renoncé depuis longtemps à infliger aux patients de leurs établissements hospitaliers des signes religieux ostentatoires.Les chapelles y sont devenues des locaux neutres où chacun trouve son content pour son recueillement intime.

Quinto: Même le futur grand Hôpital valaisan du Chablais a renoncé aux signes religieux ostentatoires en son sein. (Mais pas l'hôpital cantonal de Sion !)

Sexto: Alors qui mène qui par le bout du nez à l'Hôpital de Sion? Le curé Salamolard de Sierre ou l'ineffable abbé Françoix-Xavier Amherdt, guitariste et footballeur à l'université de Fribourg? Ou quel bigot au sein du Conseil d'Administration de l'Hôpital de Sion? Mgr l'évêque d'Ecône peut-être? Ou bien les trois Conseillers d'Etat PDC incorpore? Avec la complicité des deux autres, la socialiste du Haut-Valais bigot et le radical qui aurait oublié que son parti radical fut à l'origine de l'anticléricalisme en Valais en 1848? Ou bien les mânes de feu le tristement célèbre Rembarre du Nouvelliste? Ou le curé de Cucugnan d'Alphonse Daudet? Va savoir!

Conclusion? L'anachronique, l'archaïque, l'indécrottable canton du Valais administratif persiste donc dans son obsessionnel besoin d'infliger aux patients de ses hôpitaux un crucifix dans chaque corridor, dans chaque chambre et jusqu'à sa buanderie, ainsi que sa chapelle propre. Autant de symboles qui sont une provocation, une déclaration de guerre, voire une insulte:

- pour l'incroyant déclaré, l'agnostique résigné qui reçoit en plein visage cette obligation de respect envers ce symbole témoin d'une croyance idiote à ses yeux;

- pour les 85% de Valaisans communs qui, bien que baptisés catholiques, ne pratiquent plus du tout leur religion et ne mettent plus les pieds dans leurs églises qu'à l'occasion des funérailles et encore non par motivation religieuse mais simplement pour rendre les derniers honneurs au défunt;

- pour  les israélites ainsi provoqués et insultés par l'Eglise catholique qui les a spoliés, expatriés et persécutés à longueur de siècles depuis 2000 ans;

- pour les musulmans dont les ancêtres ont été victimes des Croisades et qui se souviennent du célèbre massacre des 3000  soldats de la garnison et de 300 femmes et enfants lors du siège de Saint-Jean d'Acre, égorgés ou décapités sur la place publique de la ville;

- pour les protestants qui se souviennent que cette même croix leur fut aussi usurpée comme symbole exclusif de l'Eglise catholique lors de leurs tueries des guerres de religion entre chrétiens et qui fut brandie comme tel lors de leurs sanglantes batailles historiques.

Conclusion? On se croirait en une Arabie Saoudite catholique.  La Direction de l'Hôpital cantonal (et non pas épiscopal) du Valais a décidé de demeurer ancrée dans les ridicules traditions des curés bénisseurs de culs des vaches dans les alpages et autres singeries typiquement valaisannes. Par chance, le ridicule ne tue pas, sinon quelle hécatombe dans les établissements hospitaliers valaisans!

 

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