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Histoire d'un énorme éclat de rire.

Hier au soir, 1er décembre 2017, Grande soirée raclette de "l'1dex Magazine". J'y suis. A ma table, deux inconnus, une sympathique Cathy noiraude trentenaire Contheysanne et un tout aussi sympathique Jean-Luc de Genève. On se présente mutuellement. Et on cause.

Et soudain, à l'évocation de mon nom un sourire naît sur le visage du Genevois. Et ce sourire dégénère bientôt en éclat de rire avec ces mots: "Votre nom me dit quelque chose... Les jetons de parcomètres en matière plastique, c'était vous?" - Oui, Jean-Luc, c'est moi qui ai distribué gratuitement  les 25.000 jetons de parcomètres  sur les pare-brise des voitures de Genève des années 1975-1980. Et mon Genevois de repartir d'un éclat de rire à l'évocation de ce formidable éclat de rire qui secoua tout le canton de Genève et loin au-delà, il y a quarante ans, à la la lecture de la Tribune de Genève relatant l'histoire de l'incroyable "Procès des "pilules à parcomètres".

Car après "La pilule", hebdomadaire satirique et satyrique, voici "les pilules à parcomètres". Et c'est ainsi que, par le rire, un type est entré dans l'Histoire de Genève. Au moins pour... 40 ans. La preuve? Quarante ans après cet évènement unique dans l'Histoire de ce canton, un type se trouve en présence du plaisantin auteur de ce canular et éclate encore de rire à sa simple évocation.

Car procès il y eut. Et condamnation il y eut. Et éclat de rire colossal à travers tout le canton de Genève il y eut. Oui, c'est moi, je le confesse, qui ai distribué gratuitement sur les pare-brise des voitures en stationnement à Genève 25.000 jetons de parcomètres fabriqués à mes frais. Mais qu'est-ce qui m'a pris? "Castigat ridendo mores": châtier les moeurs en riant,  lit-on dans les pages roses du Larousse. Et je me flatte de l'avoir fait. A mes frais. Car quoi de plus con qu'un parcomètre? Je me souviens d'une caricature de l'époque représentant un parcomètre planté en pleine campagne, à l'ombre d'un arbre isolé dans un vaste paysage. Et cela dit tout l'absurde de la chose.

Et pourtant, j'avais raison, car tous les parcomètres de Genève de l'époque étaient ILLEGAUX ! Je le savais. Et cela pour deux raisons. Un jugement historique du Tribunal fédéral disait que, primo, l'Etat n'a pas le droit de réaliser des bénéfices sur les parcomètres, secundo que,  dans un périmètre déterminé, l'Etat doit garantir au moins autant de places de stationnement gratuites qu'il y implante de parcomètres.

Or, j'ai apporté la preuve formelle par constat d'huissier que ce deuxième critère n'était pas respecté, tant s'en fallait. Quant aux bénéfices réalisés par l'Etat et la Ville de Genève, j'avais fait citer comme témoins les deux hauts fonctionnaires responsables respectivement des comptes de la ville et celui du canton de Genève pour rendre des comptes aux citoyens que je représentais devant ce tribunal. Eh bien, que croyez-vous qu'il arriva? Le représentant de l'Etat se débina en disant: "Je refuse de témoigner, car je n'ai pas reçu l'autorisation de levée de mon secret de fonction". Et le second, celui de la Ville de Genève, répète mot à mot la même phrase.

Et c'est ainsi que j'ai perdu ce procès mémorable. Il y a, bien sûr, de plus nobles causes. En principe. Mais pas dans la réalité! Parce que, entrer dans l'Histoire pour le crime d'avoir fait éclater de rire des dizaines de milliers d'habitants d'un canton suisse vaut bien mieux que d'y entrer en qualité de Président de la Confédération. Parce que  l'ex Président de la Confédération suisse, pays sinistre s'il en fut jamais,  vient de se ridiculiser sur les réseaux sociaux du monde entier en déclarant, de son air le plus sinistre de représentant sinistre d'une Suisse sinistre: "Le rire, c'est bon pour la santé ! " Et cela dit avec une tête d'enterrement !

Oui, je suis fier d'être entré dans l'Histoire de Genève, au moins pour 40 ans, puis qu'un Genevois au moins s'en souvient en 2017,  pour y avoir fait éclater de rire, en 1977,  sinon toute sa population, du moins tous les lecteurs de la Tribune de Genève à la lecture du compte rendu du fameux "Procès des jetons de parcomètres". "Castigat ridendo mores".

Le rire, Madame! Le rire, Monsieur! Et par-dessus tout l'autodérision, voilà ce qui distinguera encore et toujours l'homo sapiens vrai du troupeau des bêtas incapables de rire de tout et surtout pas d'eux-mêmes, confirmant l'exactitude de la formule d'Albert Einstein clamant que deux choses sont infinies: l'Univers et la bêtise humaine. Autrement dit, toute cette frange de l'humanité allergique au Rire salvateur.

Merci, Jean-Luc de Genève, de m'avoir, hier au soir, au banquet raclette de l'1dex Magazine, apporté une preuve supplémentaire que l'on peut aussi entrer dans l'Histoire par le Rire ! Au moins... pour 40 ans.

Et vive cet artiste qui, en ce moment, fait rire tous ses lecteurs avec son dessin satirique représentant en tout et pour tout un fin  trait noir au milieu d'une page blanche, avec cette légende: "Ceci est un poil du cul du Prophète Mahomet".  Et cela en guise de réplique à l'imbécile interdit musulman de représenter par l'image ce même Prophète Mahomet! Par sa provocation, ce poil du cul de Mahomet vaut évidemment bien mieux que le parcomètre absurde planté en pleine cambrouse! Mais ridiculiser la soumission de l'homme à l'image même du parcomètre, c'était aussi désacraliser ce symbole des droits que l'Etat s'octroie à la fois sur les espaces publics et sur la personne humaine. NI DIEU, NI MAÎTRE !

Et que vive le rire, bordel !

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