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 Biographie non exhaustive

Narcisse Praz naît à Beuson-Nendaz le 5 septembre 1929. Mauvais présage: le mois suivant, c'est le Krach boursier mondial. Y aurait-il un lien de cause à effet?Père mineur, mère ouvrière à la mine de charbon de Chandoline près de Sion. Ecole primaire à Beuson.

 

1938-1939 Gagne sa vie comme petit berger d’alpages.

1940 Bon élève repéré puis kidnappé par les Pères missionnaires de St. François de Sales de Fribourg sous spécieux prétexte de vocation sacerdotale. Etudes classiques latin-grec  à Fribourg, Collège St. Michel.

1946 «  Coupable d’être victime  » de débordements affectifs de la part d’un Père salésien il est renvoyé du Juvénat au même titre que le Serge Souplier, son alter ego,  jeune héros de la comédie dramatique de H. de Montherlant « La ville dont le prince est un enfant ».

1947. Travaille comme manœuvre terrassier au barrage hydroélectrique de Cleuson. Il gagne Fr. 1.26 de l’heure. Adieu Racine, adieu Homère, adieu Virgile.

1948-1951 Etude de langues étrangères à Lucerne. Prof de langues au Tessin. Il gagne 450.—francs par mois.

1951- 1955 Correspondancier-traducteur dans l’horlogerie à Tramelan.

1956  Entre en littérature par la porte du cinéma avec son premier roman « L’intrus »qui obtient le Prix de la Guilde du cinéma. Il est engagé par la Gamma Films Internationale comme coscénariste pour l’adaptation de son livre.

1957. Il se marie. Gamma Films décline avec son film « Lola Montès » et licencie tout son personnel. N.P. retourne à l’horlogerie à Bienne avec la rage de gagner de l’argent gage de liberté. Liberté d’écrire.

1959- 1965 NP se lance à son compte comme exportateur de montres. Il publie trois  romans (Ed. Pierre Boillat et La Baconnière). NP envoie à Paris quelques pièces de théâtre au hasard. Le Théâtre du Tertre de Montmartre crée sa pièce « Clock city ».

1966- 1970 NP. a gagné de l’argent. Il liquide ses affaires en Suisse et émigre à Paris avec sa famille. Jacques Doniol  Valcroze écrit un scénario sur son roman « Les Renégats » et le propose en coproduction à des réalisateurs italiens. 30 ans plus tard ce scénario sera réalisé par vol avec effraction en film. J. Doniol-Valcroze est mort. Pierre Boillat, éditeur du livre aussi.  NP renonce à un procès.

1970-1976  Victime de plusieurs escroqueries de fumeuse mémoire, de la part d’un promoteur immobilier et des gérants de ses affaires françaises, NP rentre en Suisse, ruiné. Il emprunte Fr.10.000.—à une banque peu regardante et lance simultanément une affaire d’exportation de montres « La Bourse Internationale de la Montre » et… un hebdomadaire satirique, « La pilule ». La première finance la survie du journal. Aventure marquée par un célèbre procès de presse : S.M. le Shah d’Iran attaque pénalement « La pilule » qui l’a traité d’assassin (chose prouvée) et de trafiquant de drogue (chose qui n’est même plus à prouver). La pilule est  condamnée par la Confédération suisse à Fr.500.—d’amende pour offense à chef d’Etat étranger grand ami de la Suisse et hôte de choix de St.Moritz. NP est l’unique rédacteur et animateur du journal. Il s’est adjugé la collaboration du dessinateur Leffel qui collabore aussi au Canard enchaîné.

1976-1984 Couverte de dettes, La pilule cesse de paraître. Afin d’éponger cette ardoise, NP lance la chaîne de discounts de montres « Au fou ! » qui comptera bientôt 12 boutiques, de Genève à St.Gall et Lugano en passant par Berne, Bâle, Zürich etc. L’entreprise, qui comptera jusqu’à une trentaine d’horlogers, vendeurs  etc,  fonctionne sur le mode libertaire : sans hiérarchie, sans chefs, sans  contrôles. Chaque collaborateur se paye librement à la caisse en cours du mois mais en respectant sur parole le montant convenu par contrat oral. Quelques incidents seront forcément  à déplorer, mais on passe outre. Et cela n’empêchera pas NP d’écrire les trois volumes de son autobiographie (du moment) sous le titre « Autovivisection d’un mouton retourné » publiés par les Editions d’En bas. Le manuscrit concourt au Prix des Ecrivains genevois, s’y trouve nominé en second mais ne décroche pas le Prix qui va à Huguette Junod pour son ouvrage intitulé « Ceci n’est pas un livre ». Trente-deux ans plus tard, en 2015, ces trois volumes seront cités par la Médiathèque du Valais comme l’évènement culturel de l’année 1983 dans l’histoire du bicentenaire de l’entrée du canton du Valais dans la Confédération.

1984-1994 NP se retire en Valais et y fonde une société théâtrale pour la promotion du patois. Une douzaine de pièces seront ainsi créées à Nendaz, Bagnes et à Conthey.

Il se lance aussi dans la peinture et produit ainsi de nombreux tableaux représentant les vieilleries de la vallée de Nendaz, entre autres. Il "produit" également de nombreux romans publiés par différents éditeurs ainsi que son "Dictionnaire insolent"  et son "Dictionnaire des noms propres et malpropres", (Editions Slatine) au total une quarantaine d'ouvrages.

1994 AVS ! Avec ses 1311.—francs d’AVS pour tout potage, impossible de survivre en Suisse. NP prend le large et se réfugie en France où il peut profiter de la Sécu gratuite pour y avoir cotisé dans les années 1966-1970. Durant neuf années, tout en écrivant de nouveaux romans et des pièces de théâtre, il s’adonnera à la rénovation de vieilles demeures de campagne délabrées qu’il revendra pour gagner sa survie  avec son AVS de misère. Pendant neuf ans il survivra de la sorte dans les Landes, puis dans la basse, puis dans la haute Ardèche, puis à l’Isle-sur-la Sorgue.

2003 NP rentre en Valais. Choc émotionnel pour lui : après toutes ces années dans la France laïque,  il retrouve le même Valais qu’il avait quitté en 1940, toujours ancré dans son passéisme religieux viscéral. Il se défoule en collaborant avec  le trimestriel « Le Libre penseur ».

 

Pendant toutes ces années, outre l’obtention de 2 fois le Prix de la Société des Ecrivains Valaisans et de la Loterie romande, le Prix de la Fondation Bernard et Claude Rouiller, NP est parvenu à forcer les portes  de deux universités :

 

  • D’abord une thèse d’Histoire de Gilles Mauron soutenue avec succès auprès de l’Université de Fribourg sous le titre « Un journal anarchiste à Genève, « La Pilule » de Narcisse Praz 1970-1976 ;
  • Ensuite une thèse de Littérature française soutenue avec succès par Mlle. Valentina d’Alfonso auprès de l’Université Gabriele d’Annunzio de Pescara (Italie) sous la tutelle de son Directeur, M. Gabriele Aldo Bertozzi pour le roman « Sous le pont Mirabeau » (Ed. Mon village)

            En ce moment, février 2018, NP  vient de corriger les épreuves du roman intitulé

« Luxure et châtiment », 590 pages, que les Editions Slatkine publieront en avril prochain.

 

EPILOGUE : Rendez-vous au cimetière de Basse-Nendaz sur la tombe de sa mère Innocente et de son frère Nestor. Urne funéraire prête à l’emploi portant ces mots : « Narcisse Praz, écrivain. NI DIEU NI MAÎTRE ».

 

 

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