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Vendredi  ( shishi en hébreu) 30 mars ...

Evangile selon l'apôtre Judas Iscariote

" En ce temps-là, les trois exécuteurs testamentaires désignés par Jésus en vue de la perpétuation terrestre de sa mission divine, les trois disciples Judas, Jean et Simon Pierre,  se réunirent aussitôt après l'arrestation du Maître par les sbires de Pontius Pilatus pour mettre au point leur plan d'action. Ils en dissertèrent en grand secret.

- Quoi qu'en dise le Romain, attaqua Jean, le disciple que Jésus aimait, ils ne peuvent pas vraiment  tuer le Fils de Dieu, parce que étant Dieu il est immortel.

- Jusqu'ici, dit Simon Pierre, tout s'est correctement déroulé selon nos plans: toi, Judas Iscariote, tu as très bien joué ton rôle de faux traître lors de la Cène en désignant au Romain l'homme qui s'est autoproclamé roi des juifs. Et ça a bien fonctionné, puisque le voici condamné à mort.

- A nous trois donc, conclut Judas Iscariote, d'exécuter les dernières volontés du Maître. Et ce ne sera pas une sinécure, car enfin,n'a-t-il pas  bien dit: " Après trois jours je ressusciterai." ? N'est-ce pas? Et ressusciter, ça n'est pas de la tarte !

- Si. Il l'a bien dit, répétèrent en choeur les disciples Jean le bien aimé et préféré du Maître et Simon Pierre à qui le Maître avait dit: "...Car tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église".

Ce constat admis, les trois conspirateurs se plongèrent dans une profonde et intense réflexion sur la manière de parer aux effets de l'inéluctable condamnation à mort du Maître en ce vendredi maudit du 30 mars. Or, le sort en était jeté:  à la quinzième heure du jour, les soldats romains hissèrent et plantèrent debout la croix sur laquelle Jésus avait été dûment cloué par les mains et les pieds ainsi que le voulait la tradition humaniste de l'époque et du lieu. Et  commença l'agonie de Jésus jusqu'à son dernier soupir."

Ainsi se termine le chapitre du vendredi, shishi 30 mars de l'évangéliste Jean.

Les soldats romains s'en allèrent en chantant la chanson de "La  boulangère" :

"La boulangère a mis sa robe claire /

Elle s'en va s'en va vers le hameau voisin/

Près d'elle passe  un joyeux militaire/

Qui fait, comme elle à pied le même chemin. /

Si nous marchions à deux ça vaudrait mieux /

Si ça vous va, à moi bien ça m'irait bien/

J'vous dirai la chanson que l'on chante dans mon bataillon:

"Boulangère, faut pas s'en faire!

Les amours, ça va, ça vient, ça fait du bien. /

Un baiser, oui un baiser, c'est une affaire /

Surtout quand personne n'en sait rien/.

En traversant le Bois des tourterelles,

L'oseau chantait et le ciel était bleu.

La belle dit: " Ah que les fleurs sont belles!"

Le soldat dit: "Asseyons-nous un peu."

Ecoutons les pinsons dans les buissons/

Comme ils chantent pour nous l'amour est doux! 

/Allez-vous refuser de me laisser prendre un baiser?"

De la chanson la fin est un mystère. Comme celui de la Résurrection annoncée par le mort lui-même. Mais n'anticipons pas.

C'était dans les moeurs du temps: toutes les crucifixions se terminaient en chansons. Et, pour le moment, tout s'était déroulé selon les voeux du crucifié: pour s'assurer de sa mort bel et bien advenue, un soldat romain lui avait planté sa lance en plein coeur, assez pour en faire le Sacré-Coeur de Jésus qui donnerait son nom à quelques basiliques idolâtres.

Tout était donc bien qui finissait bien.

Restait à imaginer,  concevoir et réaliser la suite des évènements des deux jours suivants, car enfin, le Maître avait bien annoncé qu'il ressusciterait trois jours après sa mort. N'est-c e pas?

Si ! Alors, au boulot, les gars! Car, comme le dit si bien Judas Iscariote,  réaliser une résurrection, ça n'est pas de la tarte!

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