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Amitiés !
-1. Vous me demandez s’il y a aussi  un côté autobiographique dans “Luxure et châtiment”?
Non seulement il y a une part d’autobiographie dans ce livre, mais toute sa première partie est un témoignage de mon propre vécu. Certes, les noms de la plupart des personnages ont été modifiés et les dialogues romancés, mais les faits demeurent. Certains noms en revanche sont authentiques. Ainsi en est-il de celui du
Père Martin Clerc et de celui du Père Jean Moret, personnalités que je n’ai aucune raison de ménager. Je les avais déjà nommément cités dans mon pamphlet autobiographique “Gare au gorille”.
En revanche, toute la dernière partie du livre se rapportant à l’aspect policier et judiciaire de mon histoire est de pure invention. Mais en réalité il s’agit ouvertement de ma part de l’expression de l’insatisfaction refoulée dans mon subconscient du fait de l’impunité dont auront joui les auteurs des faits narrés dans la première partie du récit. Je précise même que la castration du père abuseur n’est pas le fruit de mon imagination d’écrivain mais bien l’écho précis de mes pensées du moment. Oui, j’ai été vraiment tenté de brouter tout le bloc génital de ce distingué personnage, histoire d’en finir une fois pour toutes. Je vous autorise à publier cet aveu en ces termes crus qui sont les miens.
2. Votre seconde questionQu’est-ce qui a changé depuis lors dans l’Eglise catholique par rapport à cette période dans laquelle le pouvoir du clergé était absolu”?
S’agissant  de l’évolution interne de l’Eglise catholique, cette question n’est d’aucun intérêt pour moi. Intrinsèquement, l’Eglise catholique n’évolue en rien, absolument en rien. Elle adapte ses comportements sociaux au fur et à mesure des contraintes qui lui sont imposées de l’extérieur, au gré de l’évolution des moeurs. Ainsi en est-il du très jésuite et très hypocrite pape François. S’agissant des problèmes de pédophilie, je viens d’assister à un débat télévisé sur LCI  et je constate, consterné, que personne n’y a fait mention de l’essentiel en la matière, à savoir que ce n’est pas par appétence pour l’homosexualité que les prêtres catholiques se défoulent sexuellement de leur voeu de chasteté perpétuelle, mais bien par haine de la femme, fille d’Eve la pécheresse. En salissant l’enfant né de leurs “entrailles” – le mot dit en lui-même tout le mépris de l’Eglise pour la femme – , c’est les descendantes d’Eve que les prêtres, évêques et cardinaux catholiques salissent. Et puis, décharger leur frustration sexuelle sur un garçon, c’est commode: il n’y a pas de risque de grossesse et donc de petit bâtard qui pourrait ressembler au curé du coin. Non, l’Eglise catholique n’a en rien évolué intrinsèquement. Avec le pape François elle est devenue simplement plus jésuite, donc plus hypocrite, plus cynique.
 
3. A votre troisième question je réponds:  Oui, je me déclare libertaire et j’assume aussi la qualification d’anarchiste mais sous réserve importante. Voilà u n mot très usurpé. Je me souviens du temps où j’éditais mon hebdomadaire *La pilule” (1970-1975). Un groupe important de jeunes gens des deux sexes gravitaient autour de moi et de mon hebdomadaire. Nous rêvions d’un territoire autonome anarchiste et nous avions conçu  un plan pour y accéder en usant des facilités démocratiques suisses consistant à occuper le territoire d’une petite commune dont nous serions devenus le parti majoritaire, avec démarche auprès de l’ONU
au nom du droit des peuples  à disposer d’eux-mêmes. A cet effet, j’avais même lancé mon autre hebdomadaire “Le Crétin des Alpes”. Et figurez-vous que le Secrétaire de l’ONU avait répondu à mes lettres! Incroyable, mais vrai! Cependant, je tiens à préciser que parmi les personnes qui se revendiquaient de l’anarchisme certaines abusaient du terme: non, on n’est pas anarchiste parce qu’on a fracassé une cabine téléphonique publique pour se défouler. Pour ne citer que cet exemple. Oui, je me déclare anarchiste au sens littéral du terme. Mais les idéaux anarchistes purs sont trop beaux pour l’humanité telle qu’elle s’est de tout temps et aujourd’hui encore manifestée à travers l’histoire. L’humanité est indigne de l’anarchie telle que je la conçois. C’est pourquoi je persiste à me déclarer anarchiste sous réserve de conformité avec cet idéal-là.
 
4. Comment je vois les rapports entre l’Etat et la religion aujourd’hui en Suisse?
Je me suis donné à moi-même et j’ai donné aux habitants du Valais la réponse à cette question en lançant, à mes propres frais de citoyen  vivant avec une allocation AVS de 1700.—francs par mois, donc sur mes économies, une Initiative Populaire Cantonale pour un Valais laïc. Six mille signatures étaient nécessaires pour changer la Constitution cantonale. Nous n’avons recueilli, hélas, que 2000 signatures. Pourquoi? Parce que les Valaisans ne voulaient pas apparaître aux yeux du personnel communal chargé d’attester la validité de leur signature comme des adversaires sinon des ennemis de la religion! C’est aussi bête que ça! Et aussi souvent par manque de courage civique. Que de fois n’ai-.je pas entendu ces mots lorsque je présentais mes listes à signer:_”Je suis 100% d’accord avec cette Initiative, je suis profondément incroyant, athée même, mais je ne peux pas la signer. Vous comprenez? J’ai des enfants et je ne voudrais pas qu’ils se fassent montrer du doigt à l’école comme les enfants de l’athée!” . Voilà le vrai pouvoir de la religion: dans les cantons catholiques suisses est réputé personne respectable et honorable celle qui y apparaît comme un bon chrétien! Et ça aussi, c’est aussi bête que ça !
Quant à la relation entre l’Etat et la religion, l’exemple que nous prônions dans notre Initiative populaire était simplement celle de la Loi de 1905 en France:
L’Etat tolère toutes les religions mais n’en soutient aucune. Victor Hugo, qui fut un ennemi déclaré du clergé proclamait déjà à l’Assemblée nationale: “Je veux l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle”.
De ce point de vue, j’ai vécu environ quinze années en France, à Paris et dans plusieurs Départements français et je le déclare tondo è chiaro:  j’y vivais mieux
qu’en Suisse. Mon retour en Valais a été un choc pour moi: j’y ai trouvé une mentalité générale anachronique telle que je l’avais quitté... en 1947.
 
Tous mes voeux à mes amis libres penseurs Tessinois! J’ai vécu 3 ans à Bellinzona et à Mendrisio. J’enseignais les langues à l’Ecole Tamé de Bellinzona, puis à l’Istituto moderne di lingue è commercio de Mendrisio, école que j’avais fondée avec mon ami professeur Oris Rossi.
 
Fraternellement: Narcisse Praz, écrivain libertaire

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