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eudi 20 décembre 2018
Le plus court jour de l'année.

Demain, on gagne quelques fractions de minutes de lumière du jour. Donc, on va vers le printemps. Donc, j'ai envie de te raconter une histoire de printemps...

Hier,j'ai rendu visite à ma soeur cadette à l'EMS d'Aproz. Elle n'a que 82 ans, la gamine. Alors, tout d'un coup on a eu un même flash sur une scène de printemps au mayen.
C'est le printemps. Elle a 8 ou 9 ans. Au mayen du Chapey, elle garde les vaches avec le grand-père Barthélemy, manchot depuis l'âge de 19 ans à la suite d'un sale accident de chantier, (il a du la main broyée dans l'engrenage d'un concasseur ! ),

C'est le matin. Il fait grand beau temps. C'est le mois de mai. Tout à coup, une lubie (de printemps, naturellement) les prend. Une génisse devient folle. On la voit qui redresse sa queue, l'entortille dans l'air et se met à foncer à travers le paysage, ivre de liberté et de fantaisie. Et tout le reste du petit troupeau en fait autant. Et ce sont toutes les queues qui se redressent et s'entortillent dans l'air et qui s'en vont derrière la génisse en folie. Et on les voit qui traversent tous les mayens, puis la forêt de sapins dite la Dzorette et y disparaissent.

Puis, au bout d'une dizaine de minutes on les voit réapparaître sur l'autre versant de la vallée. Elles ont traversé la Printze et s'en sont allées brouter dans les mayens des Follards!

Mais ce que je voulais vous raconter, c'est la suite: la frangine, du haut de ses 8 ou 9 ans, se met à courir, traverse à son tour les mayens et la forêt pour ramener le troupeau à son point de départ. Tu imagines le tableau? Elle traverse la Printze et rejoint son troupeau qui a rabaissé ses queues et broute paisiblement dans des mayens qui ne sont pas le leur ? Scandale!

Une gamine de 9 ans, pas plus haute que ça, avec son petit fouet de gamine au poing et son petit sac plein de sel à l'épaule pour amadouer des vaches dix fois ou 20 fois plus lourdes qu'elle, puise une poignée de sel dans son salin et se met à crier ses Téâ, téâ, téâ.... Elle offre une première poignée de sel à Violette, puis une à Trabante. Et toutes les vaches se mettent à la suivre, traversent derrière elle la Printze, puis la forêt de la Dzorette, puis les mayens des voisins et reviennent brouter dans le mayen du grand-père Barthélemy...

C'est-y pas mieux ça que de regarder les Gilets jaunes à la Télé?
Allez, c'est bientôt le printemps. L'abricotier et le pêcher que j'ai plantés il y a 4 ans devant ma fenêtre vont bientôt refleurir.
La vie est belle, à 90 ans! Je sens venir le printemps. Je sens comme un besoin de redresser la queue comme les vaches du grand-père et de me mettre à courir à travers le paysage...

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