Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

C'est Noël !
Le site de l'1dex m'ayant posé quelques questions à propos de Noël, voici mes réponses
.
Question No. 1

Un noël impérissable ?

1946. J’avais 17 ans. Ejecté du juvénat des PP Pères Pédophiles de saint François de Sales, depuis 8 mois je récitais Homère, Virgile, Racine, Goethe et Victor Hugo à ma brouette, à mon pic et à ma pelle de manœuvre terrassier sur le chantier de la construction du barrage de l’alpage de Cleuson à raison de Fr.1.26 de l’heure, 1o heures par jour, samedi inclus.

Le dimanche après-midi, avec mes deux meilleurs copains, Francis et Paul, on se rattrapait dans les pintes de Basse- et Haute-Nendaz à boire et à chanter. Le dimanche soir, on cherchait la bonne aventure. Avec plus ou moins de succès. Plutôt moins, en ce qui me concernait. Vint la noël. Ne m’étant pas encore débarrasser des miasmes religieux qui traînaient dans mon cerveau dévoyé par 6 ans d’intoxication systématique, je me rendis donc, à pied en pleine nuit, de Beuson à Basse-Nendaz pour la Messe de minuit.

En plein cantique du « Minuit, chrétiens, c’est l’heure solennelle où l’homme Dieu descendit jusqu’à nous pour effacer la tache originelle et de son Père apaiser le courroux… » qu’aperçois-je dans les rangs de la rangée de gauche de l’église réservée à la gent féminine ? Le profil du visage de la sainte Vierge Marie, celle-là même de la chapelle du juvénat salésien mais dont la joue se parait d’un blond accroche-cœur émanant du foulard de tête fleuri de gentianes et de rhododendrons qui emprisonnait sa chevelure. L’ébauche de lèvres roses surmontant un menton mutin parachevèrent l’œuvre dévastatrice de ce qu’il faut bien appeler par son nom, le coup de foudre.

La messe de minuit terminée, je m’ingéniai à me fondre dans l’un des groupes de paroissiens dans lequel à aucun moment je ne perdis de vue la silhouette de ma sainte vierge à moi dont j’ignorais tout. Et je finis par me retrouver sur le petit chemin montant vers le chalet dans lequel je la vis disparaître encadrée par deux femmes d’âge mûr auxquelles j’attribuai les rôles respectifs de mère et de grand-mère. Je n’en demandais pas davantage : je savais désormais où habitait la file objet de mon premier émoi amoureux adolescent, succédant à la Vierge Marie du juvénat.

S’ensuivit un assaut dominical nocturne répété où, tapi dans l’obscurité entre la maison et la grange de la demeure de Sylvie – car entre temps j’étais parvenu à en savoir davantage sur la fille de la Messe de minuit – je passai de longues heures à me languir en contemplant la discrète lumière filtrant à travers les rideaux de sa chambre sur le balcon au sommet de l’escalier extérieur y conduisant. Combien de dimanches soirs y furent consacrés ? En assez grand nombre néanmoins pour que le prénom de Sylvie ait mérité de figurer en bonne place et foisonnante compagnie parmi ceux des 50 « Damnaïdes » de mon autobiographie amoureuse éponyme *.

Quand, patatras, au terme d’un énième dimanche soir de veillée d’amoureux transi, qui vois-je émerger de la chambre de Sylvie et redescendre l’escalier extérieur y menant ? Mon bon copain Francis, celui-là même avec qui je venais, une fois de plus, de passer l’après-midi, en la compagnie de notre inséparable Paul de Jérôme, à boire et à chanter dans les pintes de Basse- et de Haute-Nendaz. Il avait osé, lui.

Francis de la Guerpèche ne fut pas l’heureux élu de Sylvie qui, fille d’une tribu de maîtres maçons, épousa un maître menuisier, scellant ainsi le socle d’une solide entreprise du bâtiment. Heureuse, Sylvie, elle ignora toujours à quoi elle a échappé en ayant évité d’avoir été courtisée par le type bizarre, au destin tumultueux, qui à son insu passait de longues veillées du dimanche soir, tapi dans les ténèbres au pied de l’escalier menant à sa chambre, à contempler la lueur feutrée éclairant sa fenêtre tout en se remémorant avec émotion l’accroche-cœur blond sur sa joue à lui révélé pendant la Messe de minuit de la noël de l’an 1946.

 

* Cf. « Mes Damnaïdes » Ed.Monographic.

Question No.2

Mentir aux enfants et leur faire croire au Père Noël et au Père fouettard est-ce: un bien ou un mal ?

C’est rabaisser l’éducation de l’enfant à celle de l’ours de foire marchant bien droit sur ses pattes arrière afin de mériter sa carotte sous la menace du bâton en cas de relâchement.

Question No. 3:

Un chant de Noël.?

Le sam’di soir, après l’turbin l’ouvrier parisien
Dit à sa femm’ : pour le dessert,
J’te pai’ l’café concert ; on va filer,
Bras d’ssus, bras d’ssous aux gal’ries à vingt sous
Mets vite un’ rob’ faut t’dépêcher pour être bien placé
Car il faut mon coco entendre tous les cocoricos
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Quand j’entends des chansons ça m’rend tout polisson
Ah ! viens poupoule, viens poupoule, viens !

Question No. 4:

Un invité surprenant avec qui vous aimeriez partager la fête de Noël ?

Mon invité, c’est Dieu. Mais je lui réserve une sacrée surprise : c’est le Père fouettard qui l’accueille et qui lui flanque une sacrée rouste, tout en ponctuant d’un coup de fouet chaque délit de la liste de ses méfaits, à commencer par celui d’avoir condamné tout le monde animal à s’alimenter en s’entre-dévorant afin de vivre et survivre, alors qu’il aurait pu, lui le tout-puissant, le nourrir d’herbages, d’oxygène ou de musique.

Question No. 5.

Si vous étiez un grand cuisinier que prépareriez-vous pour le soir du 24 décembre ?

Du lait frais de la laiterie de Brignon, un demi pain de seigle, un morceau de tomme, notre invariable et unique alimentation quotidienne de juin à octobre, lorsque j’étais boubo du modzoni dans les alpages de Novelly et de Combatsline en 1939 et 1940, donc à l’âge de 10 et 11 ans.

Question No. 6:

Quel cadeau aimeriez-vous vous faire à vous-même pour le 24 décembre ?

Une majuscule à mon ordinateur. Il existe, je le sais. Un jour il m’est apparu suite à une erreur de clic, mais je suis incapable de le renouveler. Jésus, au secours !

Question No. 7

Votre dernier Noël idéal avant de quitter ce monde ?

Mon dernier Noël ? Mais ça veut dire quoi,ce mot,
un « noël »? C’est la marque du préservatif de l'ange Gabriel?

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :