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Lundi 3 janvier 2020

 

Les responsables du site internet de l’1dex ont ajouté le « Post Scriptum » ci-après à ma chronique du dimanche 2 janvier 2020 intitulée « Quelle mascarade ! », voici ma réponse.

 

Post Scriptum de L’1Dex : le prêtre, au moment de la confession, doit poser la question : « allez-vous recommencer ? ». Si la réponse est affirmative, l’absolution sera refusée. Cela signifierait-il que tous ces prêtres, curés et cardinaux absous auraient menti à leur confesseur pour obtenir une totale absolution ? Ou cela signifierait-il que des confesseurs auraient failli à leur tâche ecclésiastique ? Qu’en pense l’auteur de l’article ? Qu’en pense Monseigneur Jean-Marie Lovey ?

Réponse.

  1. Le sacrement de la confession est l’affirmation sans nuance par l’Eglise de la supériorité de la justice divine sur celle des hommes. En absolvant le pénitent de ses péchés non punissables  par la justice des hommes, le prêtre confesseur le délivre du châtiment de l’enfer. En absolvant  le pénitent coupable d’un délit, voire d’un crime relevant du Code pénal de n’importe quel pays, l’Eglise catholique s’exclut d’elle-même du corps social du pays qui y tolère sa présence.
  2. Dans le cas particulier, s’agissant du  crime d’abus sexuels répétés sur mineurs relevant du Code pénal,  la non dénonciation, en pleine connaissance de cause,  de sa commission multiple par un autre prêtre,  fait du  prêtre confesseur  qui en aurait reçu l’aveu et qui l’aurait absous un délinquant  méritant d’être  traduit devant la justice laïque.
  3. Dans le cas de Mgr Barbarin, sa culpabilité est d’autant plus flagrante que le crime commis par son protégé était de notoriété publique. Le fait de ne pas l’avoir  dénoncé avant même que les crimes dudit prêtre soient découverts par la justice laïque fait de lui un coupable  qui aura placé l’intérêt de l’Eglise catholique au-dessus  de ses devoirs de citoyen au bénéfice des droits qui en découlent.
  4. La reconnaissance par  un Etat, quel qu’il soit,  du DROIT affirmé par l’Eglise de garantir à un criminel  la non révélati à la justice laïque de l’Etat dont il est l’un des citoyens d’un crime relevant du Code pénal de cet Etat, est contraire à la notion même de justice impartiale, car cette reconnaissance indue fait d’une catégorie de citoyens des privilégiés exempts de l’obligation de rendre des comptes de délits ou crimes.
  5. En confessant entre eux, membres du Corps de l’Eglise catholique, leurs crimes et en s’attribuant le droit de leur absolution, les prêtres abuseurs sexuels de  jeunes victimes mineures, les ecclésiastiques catholiques s’exemptent ipso facto de toute obligation d’avoir à en répondre devant la justice profane, puisqu’à leurs yeux ils ont déjà obtenu leur relaxe.
  6. En résumé, le sacrement de la confession permet au pénitent qui avoue ses péchés bénins d’échapper au châtiment de l’enfer, tandis que le pénitent coupable d’un crime peut, par son simple aveu en confessionnal, se dédouaner de son obligation citoyenne d’avoir  à en répondre devant  la justice profane.

En conclusion, le simple fait pour un Etat de concéder à l’Eglise catholique le droit de pratiquer son sacrement de la confession est en opposition absolue avec la notion même d’Etat de droit protecteur de l’égalité des citoyennes et citoyens devant la loi.

Persiste et signe : Narcisse Praz

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