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eudi 20 février 2020
LE PATOIS LANGUE DES DIEUX !

Ce matin, grâce à un article de l'1dex de Jean-Yves Gabbud
(ça le change du Nouvelliste), j'apprends soudain que le mot
"Trabetset" désigne les habitants de Sembrancher. Ceci revêt pour moi et pour toute l'humanité une importance historique.

En effet, il y a 50 ans environ, l'humanité entière apprit la survenue dans la Littérature mondiale d'une pièce de théâtre écrite en patois de Nendaz, premier Prix de théâtre du Concours interrégional Aoste, Haute-Savoie, Valais, Vaud, Fribourg et Jura, intitulée "Hfla di trabetzet", mon oeuvre.

Eh bien, ce n'est que ce matin que j'apprends le sens véritable de ce mot-là: trabetzet. Dans mon esprit d'alors, je lui avais attribué un sens très différent.

Or, voici le résumé de l'intrigue de la pièce.
Une fille, venue par-dessus les montagnes par le col de la Croix-de-Coeur, s'était réfugiée à Haute-Nendaz parce que la vie lui était devenue impossible dans sa vallée voisine. La raison en était que dans les années révolutionnaires de 1848, elle aurait participé à une bagarre d'inspiration politique entre les partisans de la Nouvelle Suisse et les conservateurs cléricaux. Or, il se trouva qu'à Haute-Nendaz un gars connaissait ce passé sulfureux et la faisait chanter !" Voilà pour le thème de la pièce.

Mais lorsque j'ai fait lire la pièce par mon frère aîné Nestor, non sans l'arrière-pensée de la faire jouer à Nendaz, ce fut une douche froide:
- Tü faré jamé djiüë sta piëssa ën Ninda !
Cela claqua comme un ordre:
- Tu ne feras jamais jouer cette pièce à Nendaz.
Je lui demande pourquoi diable? Et la réponse tomba, sèche:- - Parce qu'il faut que tu saches que cette "Trabetzet-là " a laissé une grande descendance dans la vallée de Nendaz et qu'elle fut peut-être l'une de nos ancêtres. Alors, si tu veux te mettre à dos toute notre parenté, fais donc jouer cette pièce-là !

Message reçu. Cette pièce-là en patois de Nendaz ne fut jamais jouée. Il faut dire que ladite jolie Bagnarde s'était illustrée chez les "Trabetzet" de Sembrancher en buvant le sang de l'ennemi politique sacrifié comme un mouton à la fête de l'Aïd chez les musulmans. Je n'ai jamais su si mon héroïne avait bu le sang d'un abominable conservateur vainqueur de la Bataille du Trient ou bien celui d'un héroïque partisan de la Nouvelle Suiisse anticléricale.

Il faut dire pour justifier mon ignorance du sens du mot "trabetzet" qu'il aurait pu se traduire par "le trébuchet",mot ouvrant sur de nombreuses interprétations, parmi lesquelles celle désignant "l'autel" sur lequel l'on égorgeait le cochon.

Comme tu peux le constater, les moeurs de cette époque-là
rappelleraient très bien ce qui se passe encore aujourd'hui, mais pas chez nous! Ailleurs. Forcément ailleurs...A Nendaz, on est civilisés! Mais à Sembrancher? Hein? Qui sait?

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