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Mercredi 12 février 2020

Vu à la télévision le long « reportage » d’Artes sur « Le Goulag » stalinien. Le ton constamment accusateur adopté pour son commentaire pue la propagande antisoviétique classique made in USA

et tout aussi bien en Europe de l’époque où la peur de « l’œil de Moscou » était à la mode et de bon ton dans les radios et les journaux.

 

Durant toute l’émission, des chiffres jetés au hasard à coups de milliers, de dizaines de milliers, de centaines de milliers de millions de victimes du stalinisme, sans jamais aucune citation de source vérifiable hormis quelques dizaines de témoignages de rescapés des différents « goulags ». Des films de scènes de travaux forcés qui, n’en déplaise aux adeptes de l’anticommunisme primaire, n’étaient en rien pires que les conditions de la vie ouvrière dans le reste de l’Europe à la même époque. Je puis l’affirmer pour l’avoir vécu. Les ouvriers des barrages de haute montagne de Cleuson, de la première Dixence travaillaient exactement dans les mêmes conditions, logés dans des baraquements, sur leurs matelas éventrés jetés à même le sol en terre battue, à 50 cm de distance l’un de l’autre, sans lumière, sans hygiène aucune, les WC secs en plein air à côté d’un bassin avec un robinet pour tout confort. Et  je ne te raconte pas les conditions de travail dans les tunnels où mon père y a laissé sa santé, où l’on utilisait la perforatrice à sec, parce que plus efficace que la perforatrice comportant un système de forage avec un jet d’eau pour limiter les effets de la poussière de roche.

 

Et  pas  un seul journaliste pour s’en étonner. Mais en revanche, haro sur les goulags, alors  que chez nous, en Suisse,  régnaient les mêmes conditions d’exploitation de l’homme par le Kapital ! Oui, le pseudo reportage d’Arte sur les goulags soviétiques est un film de basse propagande digne du journalisme  bourgeois de bas étage des années 1930 à 1960.

 

Ce  journalisme-là m’avait à tel point écoeuré que dans les années 1970,  à l’époque où j’éditais mon hebdomadaire satirique « La pilule », je recevais de temps à autre des lettres ou des cartes postes me lançant au visage ces mots, toujours les mêmes : « Va voir à Moscou si c’est mieux ! »

Non, ce n’était sûrement pas mieux, mais pas pire, en tout cas en ce qui concernait les conditions de vie faites au monde ouvrier en Suisse. Tu en doutes ? Tu ne te souviens donc pas des baraquements des ouvriers autour des villes de Genève et de Lausanne ? Moi, oui,  je m’en souviens. Ce n’était pas plus glorieux que les goulags de Staline. Mêmes journées de 10 ou l2 heures de corvée par jour. Même insalubrité d’habitat.

Et que dire donc de ma mère, Innocente, qui pendant toute la durée de la guerre, a travaillé en équipe de nuit  pour pouvoir s’occuper de ses 4 enfants, au tri du charbon sur les terrils de la mine de charbon de Chandoline près de Sion, 10 heures par nuit, sans aucun abri, à genoux ou accroupie par tous les temps ? Ce n’était pas du Goulag, ça ?

L’émission d’Arte sur le Goulag m’a révulsé parce qu’elle pue la propagande primaire anti communiste imbécile, facile, sans aucune vraie référence d’informations dûment contrôlées et recoupées, bref, du journalisme capitaliste de bas étage.

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