Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vendredi 14 février,
jour de la Saint Valentin et des déclarations d’amour.
Hier au soir, vers 19 heures, je me suis rendu au Centre funéraire de Plata de Sion pour faire mes derniers adieux à mon amie Brigitte Meury, à qui je suis redevable d’innombrables bienfaits en matière de maîtrise de mon ordinateur. Il faisait un sale temps. En émergeant du Centre funéraire, il faisait un vrai sale temps de pluie mêlée de neige. Au volant de ma voiture, je m’engage sur la descente censée me mener, en définitive, à la route de Nendaz. Au premier carrefour, ébloui par les reflets sur la route des voitures qui s’y bousculaient, j’ai sûrement commis un cafouillage. Il s’agit du double rond-point à la sortie de Sion. Il n’en fallut pas davantage pour déchaîner derrière ma voiture la rage furieuse d’un émérite as du klaxon qui, non content de me hurler, dans son langage, que je suis un sale vieux con à qui l’on devrait avoir retiré depuis longtemps son permis de conduire, que je suis un enculé et autres compliments tournant autour de la partie basse de mon anatomie, il m’a poursuivi de sa hargne sur deux kilomètres encore. J’ai fini par me demander vraiment à quoi pouvait vraiment ressembler le visage d’un pareil abruti de rage klaxonneuse. Et soudain, j’ai su : ce type-là (ça ne pouvait pas être une femme, cela ne leur ressemble pas), ce redresseur de torts à coups de klaxon n’avait pas un visage humain mais… une tête de brouette ! Parfaitement ! Ce type qui me harcelait de ses coups de klaxon avait une brouette en guise de tête.
Ce n’est qu’en me réveillant, ce matin, que j’eus la révélation de cette vision-là : un machin présentant toutes les caractéristiques d’un corps humain avec ses deux mains tenant un volant mais dont la tête n’était autre qu’une brouette ! Et vlan, voilà que surgit dans ma mémoire cette poésie apprise par cœur au temps de mon école primaire à Beuson :
Le voleur de pommes de terre

" Minuit sonnait au clocher du village...!
La lune rayonnait dans un ciel sans nuages,
Et se mirait dans l'étang du village.
La bise à chaque instant caressait le rivage

d'un souffle langoureux
Tout dormait sauf un homme amateur de mystère
Qui s'en allait dans le champ du voisin
Pour dérober des pommes de terre !
Il se dépêche à garnir sa brouette !
Voilà que d'un gros noyer une chouette

lui crie :
" Hu-Hu-Hu ! Je t'ai vu ! Je t'ai vu !
Notre coquin eut peur, prit la fuite
Et la roue en tournant plus vite

criait :
"Tu seras pendu ! tu seras pendu"

Tout devint clair dans mon esprit : chaque coup de klaxon envoyé dans la nuit par le redresseur de torts qui suivait ma voiture émanait d’une silhouette humaine surmontée d’une brouette en guise de tête et qui hurlait dans la nuit :
- Tu seras pendu ! Tu seras pendu ! Tu seras pendu !
Dès lors, je me suis dit qu’être ainsi arsouillé par un type dont la tête est une brouette, ce n’était en somme pas grave, bien au contraire.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :