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« Me too ! »

Pourquoi les prêtres de l’Eglise catholique sont-ils les Harvey Weinstein

abuseurs sexuels de petits garçons mais moins fréquemment de fillettes ?

 

Parce que

dès le premier jour de sa prise en charge par les théologiens façonneurs de tout futur prêtre catholique, le néophyte, enlevé  à sa famille profane à l’âge de onze ans, et cela sous le spécieux prétexte de prétendue vocation sacerdotale précoce, se trouve soudain plongé dans le culte hystérique de la Vierge Marie ainsi érigée en mère de substitution au détriment de sa génitrice naturelle, elle vulgaire fille d’Eve la fatale tentatrice du Jardin d’Eden et d’emblée maudite ad aeternum par son Créateur.  

Parce que

de ce sevrage impromptu découlera pour le néophyte une carence affective qui le mettra sur le chemin de la recherche d’affect  sinon d’amour compensatoire, le rendant accessible à une métamorphose de ses penchants naturels.

Parce que

de cette métamorphose naîtra tout naturellement la recherche d’amitié auprès de ses compagnons de traversée du désert des frustrations, tous eux-mêmes en quête d’empathie spontanée dans le quotidien de leur vie déjà austère entièrement vouée à la dévotion, à l’étude et à la préparation de leur futur apostolat dans la stricte observance de leur futur vœu de chasteté perpétuelle.

Parce que

de ces élans compensatoires spontanés naîtront fatalement des amitiés, horreur et damnation, voici que surgissent les deux mots terribles : les amitiés particulières si bien mises en dramaturgie par Henri de Montherlant dans sa comédie « La ville dont le prince est un enfant ». Et voici que se déchaîne du haut en bas de la hiérarchie des théologiens du juvénat ou du séminaire la déclaration de guerre : haro ! sur les amitiés particulières coupables de détourner les candidats à la future prêtrise du but désormais unique de leur vie, le service de Jésus-Christ dans la stricte observance de leur futur vœu de chasteté perpétuelle.

Parce que

les mesures prises par la haute hiérarchie des théologiens du séminaire, de l’internat ou du juvénat ne tardent pas à se révéler très efficaces, voici enfin autant de jeunes éphèbes, bien que non encore ensoutanés ou nantis de l’appellation officielle de « séminaristes » affectivement neutralisés et donc… disponibles. Mais disponibles en chasse gardée pour qui donc ? Pour les hérauts du vœu, valant serment,  de chasteté perpétuelle.

Parce que

ledit vœu de chasteté perpétuelle frappe d’abord d’interdit absolu et en priorité la femme, l’abominable, l’exécrable fille d’Eve la pécheresse maudite par l’Eternel et chassée du Jardin d’Eden selon la Bible, le futur prêtre et donc futur maître des consciences .Ainsi  se trouve initié aux subtilités du sacrement de la confession qui établit une hiérarchie dans les pénitences qui en résultent : péché mortel susceptible d’entraîner la damnation éternelle pour tout péché de la chair commis avec une femme ou au détriment d’une fillette nubile ou non ; péché véniel et donc apte au pardon pour tout péché de la chair commis avec un petit garçon, un éphèbe ou un adulte du sexe d’Adam qui ne fut, lui, que victime d’Eve, la torride tentatrice maudite.

Parce que

cette subtile distinction entre péché de chair mortel et véniel offre une issue théologiquement honorable, selon qu’il est commis avec une créature de sexe féminin ou masculin, garçonnets et éphèbes en état de dépendance passant à leur portée deviennent ipso facto autant d’exutoires au vœu de chasteté perpétuelle.

Parce que,

théologiquement parlant, le viol ou autres abus sexuels commis par des futurs prêtres ou hiérophantes consacrés sont un moindre péché qualifié de véniel, l’invitation masculine se trouve ipso facto adressée  aux élus du vœu de chasteté à d’autant plus forte raison que garçonnets et éphèbes ne présentent aucun risque de grossesses débouchant (c’est le mot de circonstance) sur la survenue de bâtards dont les traits physiques seraient susceptibles de trahir une paternité ecclésiastique quelconque valant à l’Eglise quelque charge financière, suprême calamité.

Parce que

les enfants abusivement recrutés par l’Eglise au prétexte de pseudo vocation sacerdotale précoce et devenus de jeunes éphèbes sont désormais chair à plaisir en « chasse gardée » au profit des initiés, ceux d’entre eux qui ne répondent pas aux critères de la pédérastie ecclésiastique sont renvoyés, toute honte bue,  comme rebuts, à leurs géniteurs et frappés du sceau de l’indignité du curé raté.

 

Et voilà pourquoi 

et comment les membres du clergé de l’Eglise catholique sont devenus les Harvey Weinstein du « Me too ! » des garçonnets et des éphèbes qui ont eu le malheur de se trouver sur leur chemin. Aujourd’hui, enfin, après des siècles d’abus étouffés, certains d’entre eux osent hurler leur révolte. Je suis des leurs, je sais de quoi je parle. Et je crache mon dégoût de l’institution immonde qu’est l’Eglise catholique romaine, à la fois imposture intellectuelle et morale prêchant la pureté et la chasteté tout en protégeant des rigueurs des lois profanes son clergé aux mœurs sexuelles dévoyées au détriment d’êtres en état de moindre résistance que sont les enfants et les adolescents. En protégeant et couvrant son clergé par le biais du secret du sacrement de la confession et couronnée par l’absolution de leurs crimes passibles de prison, l’Eglise catholique proclame ipso facto la suprématie de la loi de son Dieu imaginaire sur la loi laïque profane. Parallèlement, cette même Eglise est capable de s’adonner à  la plus vaste escroquerie financière jamais imaginée et réussie au cours de l’histoire à l’échelle planétaire,  consistant à vendre  au prix fort à des millions d’humains crédules des places de choix post mortem dans un paradis chimérique inventé pour les besoins de son ignoble cause, son propre enrichissement crapuleux.

« Me too ! »

Narcisse Praz (*)

 

(*)Cf.  « Luxure et châtiment » Roman d’inspiration autobiographique, Editions Slatkine

           « Gare au gorille » Autobiographie, Editions libertaires de France, et sujet d’une émission

    « Temps  présent » de la RTS.

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