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Mardi 2 février 2020

A vous autres, incultes Helvètes, le fugace Parisien que je fus se doit d’éclairer votre falot provincial au sujet de l’authenticité du message que tel Grivois candidat à la Mairie de Paris, de bonne heure le matin, envoya à sa Dulcinée. Monsieur est marié et père de famille. Monsieur émerge donc de son lit conjugal, se rend dans la salle de bain familiale et là, se met à fredonner la chanson de l’ami Brassens
« Quand je pense à Fernande… » Et ça fonctionne ! Alors, il prend sa petite tablette magique avec photo et messagerie incorporées, y applique quelques « clics » et, dare-dare , envoie à la Fernande de son cœur (la vraie, pas celle qui s’étire encore dans son lit conjugal, sa maîtresse donc, faut pas confondre !) sa déclaration d’amour matinale. En fait, la photo de son pénis en pleine érection jubilatoire lui signifiant, ronsardien à souhait :

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

De fait, son gland, de tout « déclos » qu’il était en quittant l’alcôve conjugale, est désormais parfaitement épanoui, témoignant par-là de l’intensité de l’amour éthéré de l’amant à sa maîtresse sûrement ravie d’apprendre que même au saut du lit conjugal son mâle bande en chantant qu’il pense à Fernande. Mais c’est qui, cette Fernande ? se demande la destinatrice du message ? Et la drôlesse de se dire que vraiment, en fait de déclaration d’amour matinale il aurait pu trouver plus poétique. Et, avec un certain sourire en coin, la voilà qui à son tour se met à fredonner dans son quant-à-soi l’air de ce fieffé coquin de Figaro auquel son soupirant maladroit n’a sûrement pas pensé :

« Comme la plume au vent
Femme est volage
Et bien peu sage qui si fie un instant.
Trompé par leurs beaux yeux
L’homme a l’air d’y croire,
Bornant sa gloire à tromper (son épouse) encore mieux
Femme varie, femme varie,
Fol est qui si fie un seul instant…

Et pour bien le prouver, elle range le message incongru et maladroit dans sa boîte aux souvenirs . Car, on ne sait jamais : ça peut toujours servir !

Et en effet, quelques années plus tard, voici qu’apparaît l’ex godichon soupirant grivois Griveaux sur la liste des candidats à la Mairie de Paris. Il ne doute de rien, le drôle et surtout pas du fulgurant souvenir que son zizi en érection sublime aura laissé dans la mémoire de sa Fernande d’un jour. Et vlan ! Voici qu’apparaît sur tous les écrans de télévision de France et de Navarre Sa Splendeur le Sexe triomphant du candidat à la Mairie de Paris, Monsieur Benjamin Griveaux, déjà consacré par l’hebdomadaire « Paris Match » bon père de famille et époux idéal.

« Comme la plume au vent,
Gloire est volage
Et bien peu sage
Qui s’y fie un instant… »

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