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SONGE D'UNE NUIT DE MARS
Pour un shakespearien "Songe d'une nuit d'été" je n'ai pas l'envergure littéraire.

Mercredi 8 avril 2020
Suite de ma chronique d’hier intitulée « Il n’est jamais trop tard pour dire : « Je t’aime ».

Mon idylle avec Ursula se poursuivit en Suisse italienne où elle me suivit dès que l'Ecole Tamé m'y nomma prof de langues dans sa succursale de Bellinzona. J'avais 20 ans. Ursula, 22.

Voici le poème dédié à Ursula et publié par les Editions ABH en 1983 dans mon fascicule intitulé « Femme mon absolu ».

DE NOVEMBRE EN NOVEMBRE …

iambes à Ursula

Nous nous sommes connus aux brouillards de novembre,
Moi, de mon cardan prisonnier
Que m’avaient infligé les stratèges en chambre
Qui pensaient me sanctifier,

Toi, fille de bourgeois, de préjugés gorgés,
Soudain confrontée à l’amour.
Et quelle amour, grands dieux, dans la honte immergée !
Un gars sans foi, sans brandebourgs.

Nous nous prîmes bientôt à rêver de lagunes,
De Sud, de lacs et de palmiers.
Puis, le printemps venu, faisant fugue commune,
Nous voici sous les amandiers.

Tu me jouais Mozart et je me fis poète.
Quels furent donc les premiers vers
De mon aveu ? Dans ma mémoire je furète
Et les redis, le verbe amer :

SOUVENIR DU VAL DES CENTOVALLI

« L’automne avait tressé pour nos jeunes amours
Une couronne d’or au front de chaque treille,
Versé sur chaque treille une goutte vermeille
Du sang voluptueux des grappes de velours… »

Nous nous sommes gavés des douceurs tessinoises,
Centovalli, patois, chansons,
Bals champêtres, grotti, boccalini, cervoise,
Raisins rugueux, fleurs à foison

Et puis soudain voici venir la Ticinella.
Adieu, chansons, adieu Mozart.
Tu sei bella così, bella come una stella!
Adieu. Bon vent vers tes brouillards.

Nous nous sommes quittés aux brumes de novembre
Moi, d’un autre amour prisonnier,
Toi dans ton fier dol, translucide comme ambre,
Victime de ton épervier.

Au détour du destin, nous nous sommesi revus,
Ayant payé notre tribut
A la vie, à l’amour. Trop jeune amour déçu,
Fut-ce toi mon absolu ?

METAMORPHOSE 1949- 2020

Toi qui vins du brouillard, tu seras mandoline
Et moi boccalino. Ta musique et mon vin
Conjuguant leurs accords berceront ton chagrin
Que conteront mes vers aux pierres de ses ruines.

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