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Surannée, l’Initiative pour un Etat du Valais laïque?
Tel est le reproche le plus communément adopté en guise de critique la concernant. On lit même ceci dans la Pravda du Valais sous le titre “Une initiative du passé pour des questions de demain”: “Cette Initiative valaisanne sent trop ces relents des siècles passés; l’odeur nauséeuse du Kulturkampf; un remake d’un anticléricalisme hérité de temps surannés...”

D’abord, le Monsieur à qui le Nouvelliste ouvre ainsi régulièrement ses colonnes ne s’orne-t-il pas lui-même du titre suranné de Père? De quel droit? Et père de qui? Pas le mien, assurément. S’est-il seulement posé la question de savoir si ce ne sont pas l’archaïsme et l’anachronisme institutionnels du Valais qui ont contraint les promoteurs de cette Initiative à aborder des problèmes qui sont, en effet, d’un autre temps? Des problèmes qui auraient dû disparaître depuis longtemps mais qui se sont figés dans les moeurs valaisannes de par la volonté délibérée des apôtres de l’ignorantisme systématiquement entretenu par les profiteurs de cet état de faits et qui se parent de mots qui se voudraient autant de titres allant du père à celui de monseigneur en passant par le chanoine qui ont régné sur ce canton par le biais d’une Instruction publique orientée et formatrice des élites valaisannes? Suivez mon regard dans la direction de Saint-Maurice. Tiens donc. Un hasard: un saint. Au fait, Monsieur, un saint, ne serait-ce pas déjà en soi-même un concept suranné?

Les promoteurs de l’Initiative pour un Etat du Valais laïque sont contraints de se plonger dans le passé de ce canton parce que, précisément, ce canton n’est encore, institutionnellement parlant, jamais sorti du 19ème siècle. Quant à certaines de ses moeurs bénisseuses de tronçons d’autoroutes, de culs de vaches dans les alpages, d’inaugurations d’urinoirs publics comme au bon vieux temps de Clochemerle, nos cantons voisins sont bien bons de leur attribuer le statut de folklore ou de traditions, alors qu’il ne s’agit, dans les faits, que d’une occasion jamais manquée d’affirmer, par ces manifestations teintées de ridicule, la mainmise d’une Eglise sur tout un canton avec le consentement (j’allais dire la bénédiction?) de l’Etat cédant lâchement à un chantage séculaire.

Quant à vouloir nous rétrograder aux temps du Kulturkampf, le Monsieur du Nouvelliste omet de rappeler que si tant de croix envahissent nos paysages alpestres, elles datent précisément de cette époque-là, chacune d’elles étant l’affirmation, que dis-je, la proclamation de la catholicité – et rien d’autre, s’il vous plaît! – de ce canton. Tolérance? Mon oeil!

A propos de Kulturkampf, Monsieur, vos souteneurs de l’UDC ne sont-ils pas précisément en phase de vouloir nous y plonger à travers leur haine viscérale de l’islam, haine qu’ils voudraient nous faire partager en déclenchant ainsi une nouvelle guerre de religions, autrement dit un nouveau Kulturkampf? Balayez devant votre porte, Monsieur, et les vaches d’Hérens seront mieux gardées que vos ouailles qui n’occupent plus que sept bancs sur cent dans vos églises vides. Vides et pour cause: votre cause est surannée, Monsieur.

Ce canton du Valais, Monsieur, a besoin d’un nettoyage par le fond. Notre Initiative populaire cantonale valaisanne pour un Etat du Valais laïque s’est donné pour mission d’y pourvoir.

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